Quels sont les avantages du lease-back pour une entreprise ?
Vendre un bien pour continuer à l’utiliser : le principe du lease-back, ou crédit-bail, surprend souvent la première fois.
Dans cet article, nous verrons les avantages que le leaseback apporte réellement à une entreprise, ses inconvénients, et même situations dans lesquelles elle prend tout son sens.
Récapitulatif
Qu’est-ce que le lease-back ?
Le lease-back consiste à céder un actif dont l’entreprise est propriétaire (ex : un local professionnel, une machine, un véhicule) à une société de crédit-bail, puis à le lui louer immédiatement pour continuer à l’exploiter.
L’opération se déroule en trois temps :
1
La cession : le bailleur achète le bien à sa valeur de marché et verse le prix à l’entreprise ;
2
La location : un contrat de crédit-bail est signé le jour même, l’entreprise verse des loyers et conserve l’usage du bien sans interruption ;
3
L’issue du contrat : au terme du contrat, l’entreprise peut lever l’option d’achat pour redevenir propriétaire, restituer le bien ou prolonger la location.
Cette troisième phase distingue le lease-back d’une simple vente : la perte de propriété peut n’être que temporaire, puisque l’entreprise a plusieurs options pour conserver le bien, à titre définitif ou non.
Elle le distingue aussi du crédit-bail classique, dans lequel l’entreprise n’a jamais été propriétaire du bien financé.
Quels sont les avantages du lease-back pour une entreprise ?
1
C’est un apport immédiat, qui n’est pas un emprunt
Le lease-back permet de transformer un actif immobilisé en liquidités disponibles en quelques semaines.
Contrairement à un crédit, les liquidités obtenues via lease-back ne créent pas de dette bancaire nouvelle : l’entreprise mobilise la valeur d’un bien qu’elle a déjà financé.
2
Il est libre d’affectation
Les fonds obtenus sont libres d’affectation : l’entreprise peut les employer pour ce dont elle a le plus besoin.
En général, le lease back permet la reconstitution du besoin en fonds de roulement, le financement d’un investissement, la saisie d’une opportunité de croissance ou encore le renforcement du matelas de sécurité de la société en période incertaine.
3
Le lease back permet d’assurer la continuité de votre exploitation
Le lease back ne change rien au quotidien de votre entreprise : vos locaux restent occupés, vos machines continuent de produire et vos collaborateurs peuvent continuer à travailler normalement.
Votre société conserve l’usage du bien pendant toute la durée du contrat, ce qui neutralise le principal inconvénient d’une cession classique.
4
Il possède une option de rachat
Au terme du contrat, votre entreprise se garde la possibilité de redevenir propriétaire au terme de la location, pour une valeur résiduelle fixée dès la signature.
Vous restez maître de la situation.
5
Vos loyers sont déductibles du résultat imposable
Les loyers versés au bailleur constituent des charges d’exploitation déductibles, dans les conditions de droit commun.
Là où un bien détenu en pleine propriété ne génère que des amortissements, le lease-back permet de déduire l’intégralité des loyers, ce qui allège le résultat imposable pendant la durée du contrat.
6
Le lease back préserve votre capacité d’endettement pour d’autres projets
Parce qu’il ne s’agit pas d’un emprunt, le lease-back laisse intacte la capacité d’endettement bancaire de l’entreprise.
Cela en fait un atout stratégique : les lignes de crédit restent mobilisables pour les projets qui les justifient vraiment.
La sortie de l’actif du bilan améliore même certains ratios financiers, sur lesquels nous reviendrons dans la suite de l’article.
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Quels sont les inconvénients du lease-back ?
1) Un coût global supérieur et une plus-value potentiellement imposable
Cumulés sur la durée du contrat, les loyers dépassent généralement la valeur de cession du bien : le lease-back coûte alors plus cher que si vous aviez acheté l’actif directement.
Par ailleurs, si le bien est vendu au-dessus de sa valeur nette comptable, la plus-value de cession est imposable dans les conditions de droit commun.
Une modélisation chiffrée avec votre expert-comptable s’impose avant d’opter pour cette solution.
2) La perte de propriété et les clauses du bail
Tant que l’option d’achat n’est pas levée, l’entreprise est locataire d’un bien qui structurait parfois son activité depuis des années.
Il faut donc examiner de près les clauses du contrat :
- ▪ Répartition des charges d’entretien ;
- ▪ Conditions de sous-location ;
- ▪ Indemnités de résiliation anticipée ;
- ▪ Valeur et conditions de levée de l’option (le plus important).
Un bail mal négocié peut transformer un bon outil de financement en une contrainte à long terme.
3) Une optimisation du bilan qui a certaines limites
Sortir un actif du bilan ne « trompe » pas un analyste bancaire.
Les engagements de crédit-bail figurent en annexe des comptes, et les banques les retraitent systématiquement lors de l’étude d’une demande de financement : les loyers restants sont réintégrés dans l’endettement pour mesurer la capacité de remboursement réelle.
Cela ne retire rien à l’intérêt du lease-back, mais l’opération doit être choisie pour ses effets concrets, pas pour un embellissement comptable de façade.
Quelles entreprises et quels actifs sont éligibles ?
Vers quelles autres solutions de financement se tourner ?
Le lease-back n’est jamais la seule option sur la table, et il n’est pas toujours la meilleure.
Selon votre besoin, d’autres leviers sont à comparer :
- Le prêt professionnel classique : souvent moins coûteux lorsque la capacité d’endettement le permet et que le besoin est un investissement identifié ;
- L’affacturage : lorsque le besoin provient de délais de paiement clients plutôt que d’actifs immobilisés.
Le bon choix entre ces dispositifs dépend de la nature de votre besoin, du coût comparé des solutions et de la stratégie patrimoniale du dirigeant de l’entreprise.
Vous aider à faire le bon choix, c’est précisément le rôle d’un courtier en financement professionnel, comme mon Financement Pro : qualifier le besoin, écarter les fausses bonnes idées, puis mettre en concurrence plusieurs bailleurs sur les paramètres qui font la différence (valorisation retenue, durée, montant des loyers, valeur de l’option d’achat et clauses d’entretien).
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Le lease-back donne le meilleur de lui-même lorsqu’il s’inscrit dans un montage global : reconstituer un apport avant une demande de crédit, refinancer un matériel récent payé comptant, ou compléter le financement d’une opération de croissance.
FAQ : les avantages du lease-back
Quelle est la différence entre lease-back et crédit-bail ?
Dans un crédit-bail classique, le bailleur achète un bien neuf auprès d’un fournisseur pour le louer à l’entreprise.
Dans un lease-back, c’est l’entreprise elle-même qui vend au bailleur un bien dont elle est déjà propriétaire, avant de le reprendre en location.
Le contrat de location qui en résulte fonctionne ensuite de façon similaire, option d’achat comprise.
Une entreprise en difficulté peut-elle recourir au lease-back ?
Une entreprise en difficulté ne va pas recourir au lease back, en principe.
En effet : les bailleurs analysent la solidité financière de l’entreprise avant de s’engager, car ils doivent être certains que les loyers seront honorés.
Le lease-back s’adresse aux entreprises saines qui anticipent un besoin, pas à celles qui cherchent une solution de la dernière chance.
Quels biens peuvent faire l’objet d’un lease-back ?
Tout actif détenu en propre, valorisable et revendable peut faire l’objet d’un lease-back.
-> Immobilier d’entreprise (bureaux, entrepôts, locaux d’activité), machines et lignes de production, matériel de BTP, véhicules et matériel de transport.
Plus le bien est récent, entretenu et liquide sur son marché, meilleures sont les conditions obtenues.
Comment est imposée la plus-value réalisée lors de la cession ?
La plus-value dégagée lors de la vente du bien au bailleur est imposée dans les conditions de droit commun, comme pour toute cession d’actif.
Son montant dépend alors de l’écart entre le prix de cession et la valeur nette comptable du bien.
Que devient le bien à la fin du contrat de lease-back ?
A la fin du contrat de lease-back, 3 issues sont possibles.
1 – Lever l’option d’achat pour redevenir propriétaire à la valeur résiduelle prévue au contrat,
2- Restituer le bien au bailleur,
3 – Négocier la prolongation de la location.
Le choix se prépare plusieurs mois avant l’échéance, en fonction de la valeur du bien à ce moment-là et des projets de l’entreprise.
ARTICLE RÉDIGÉ PAR
Maxime ROUSSEL, Directeur de mon Financement Pro
Chef d’entreprise et spécialiste du financement professionnel, Maxime Roussel accompagne depuis 2017 les entrepreneurs dans leurs projets de création, de reprise et de développement. Ses articles s’appuient sur une expérience de terrain, une bonne connaissance des attentes des banques et une approche concrète du financement professionnel.
