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Combien gagne un franchisé ? | mFP

par | 14 Oct 2026

Combien gagne un franchisé ? Les clés pour comprendre ce calcul

Le modèle de la franchise attire chaque année de nombreux entrepreneurs, séduits par l’image de marque et la perspective de revenus attractifs.

Chez ces entrepreneurs, une question revient sans cesse : combien gagne réellement un franchisé ?

La réponse est évidemment variable, tant les écarts sont importants d’un réseau, d’un secteur et d’un profil à l’autre.

À travers cet article, mon Financement Pro vous donne toutes les clés pour comprendre la rémunération d’un franchisé, grâce à notre expérience marquée dans le financement de franchises.

Récapitulatif des revenus et de la rémunération en franchise

Paramètre clé Données et analyse
Revenu moyen officiel 35 325 € (revenu annuel net moyen, donnée 2018 de la Fédération Française de la Franchise — aucune actualisation publiée depuis).
Dispersion des revenus Un masque de disparités fortes : environ 1 tiers gagne moins de 20 000 €/an, et un peu plus d’1 tiers dépasse 40 000 €.
Nature de la rémunération Ni un salaire classique ni garanti : dépend du statut juridique (dividendes ou gérance), du secteur, de l’emplacement et de l’investissement initial.
Évolution temporelle Rarement confortable en année 1, elle se construit généralement sur 2 à 3 ans avant de progresser (multi-franchise ou revente).
Perspective bancaire Le banquier évalue la capacité de remboursement sur votre prévisionnel, pas sur la moyenne nationale.

Rémunération d’un franchisé : à quoi cela correspond ?

Contrairement à un salarié classique, le franchisé ne dispose pas d’une fiche de paie standard : ce qu’il perçoit dépend directement de la performance de son point de vente, et surtout du statut juridique choisi pour l’exploiter.

Deux logiques coexistent :

• En entreprise individuelle : il n’existe pas de distinction entre le bénéfice réalisé et la rémunération du dirigeant : le résultat est directement imposé à son nom.
• En société soumise à l’impôt sur les sociétés (SASU, SARL, EURL…) : la séparation est nette entre le résultat de l’entreprise et ce que le dirigeant s’octroie sous forme de rémunération de gérance ou de dividendes.

Le régime social qui en découle change aussi : un gérant majoritaire de SARL relève en principe du régime des travailleurs non salariés (TNS), tandis qu’un président de SASU est assimilé-salarié, avec un niveau de charges sociales sensiblement différent.

Ce choix de structure est effectué dès le montage du projet avec l’appui d’un expert-comptable, et a un impact direct sur ce que le franchisé perçoit réellement chaque mois.

Dans tous les cas, avant de se rémunérer, le franchisé doit couvrir ses charges d’exploitation, payer son personnel, régler ses fournisseurs et honorer les royalties dues au franchiseur.

Ainsi, on peut considérer que son salaire correspond à ce qu’il lui reste une fois toutes ces dépenses obligatoires réglées.

Combien gagne un franchisé en France ? Quelques chiffres

Concernant le salaire moyen d’un franchisé en France, le chiffre le plus régulièrement cité provient de l’enquête annuelle de la franchise Banque Populaire, réalisée avec la Fédération Française de la Franchise (FFF).

Selon cette étude, le revenu annuel net moyen des franchisés était de 35 325 € pour l’année 2018.

C’est, à notre connaissance, la dernière fois que cette enquête a détaillé un chiffre de rémunération moyenne à l’échelle de l’ensemble des franchisés. Les éditions plus récentes de l’enquête se concentrent sur d’autres indicateurs (satisfaction, profil des candidats, transmission, usage de l’IA). Par conséquent, à ce jour, il n’existe pas de donnée officielle plus fraîche sur le sujet.

Attention toutefois : ce chiffre de 35 325 € masque en réalité de fortes disparités. Environ un tiers des franchisés perçoit moins de 20 000 € par an, une proportion comparable se situe entre 20 000 et 40 000 €, et un peu moins d’un quart dépasse les 40 000 €.

D’où viennent ces disparités ? Déjà, l’ancienneté joue un rôle clair : les franchisés dont le premier point de vente a plus de dix ans affichent un revenu moyen de 40 653 €, sensiblement supérieur à la moyenne globale. Autre enseignement, moins souvent mis en avant : il existe un écart de rémunération important entre franchisés hommes (40 196 € en moyenne) et femmes (26 552 €).

Ainsi, gardez toujours en tête ces données lorsque vous comparez vos revenus à « la » moyenne du secteur : celle-ci recouvre des réalités très différentes selon le profil, le secteur et l’ancienneté. A lire également : Comment convaincre un franchiseur ?

Comment calculer le revenu d’un franchisé ?

Le principe de calcul est le même quel que soit le réseau : on part du chiffre d’affaires hors taxes réalisé par le point de vente, on en déduit l’ensemble des charges d’exploitation (salaires, loyer, fournitures, entretien, publicité locale, …) ainsi que les royalties dues au franchiseur (un pourcentage du CA ou un forfait périodique selon les contrats).

Le résultat obtenu constitue la base sur laquelle le dirigeant peut ensuite se verser une rémunération, sous forme de salaire de gérance ou de dividendes selon son statut.

Prenons un exemple :

• Un point de vente qui réalise 300 000 € de chiffre d’affaires annuel ;
• Il possède 250 000 € de charges d’exploitation (personnel, loyer, achats, frais divers) ;
• Il doit 15 000 € de royalties ;
• Il dégage, par conséquent, un résultat de 35 000 € avant rémunération du dirigeant (300 000 – 250 000 – 15 000 = 35 000).

Évidemment, plus la marge commerciale est confortable, plus la part réellement disponible pour le dirigeant progresse, à chiffre d’affaires équivalent.

Combien de temps avant de toucher un revenu confortable ?

Un franchisé ne touche que rarement un revenu significatif dès sa première année d’exploitation : cette période sert avant tout à rembourser l’investissement initial et à atteindre le seuil de rentabilité.

Au départ, la priorité reste d’améliorer la trésorerie du point de vente plutôt que la rémunération de son dirigeant.

L’équilibre est davantage atteint lors de la deuxième année d’ouverture, et la rémunération devient régulière à partir de la troisième année d’exploitation, une fois le rythme de croisière atteint.

Évidemment, cette temporalité varie fortement selon le secteur, le montant investi au départ et la rapidité avec laquelle la zone de chalandise répond. Voyons cela plus en détail !

Quels facteurs font varier la rémunération d’un franchisé ?

Plusieurs facteurs expliquent l’essentiel des écarts observés d’un franchisé à l’autre :

• Le montant investi au départ : certains réseaux s’ouvrent avec moins de 30 000 €, quand d’autres, notamment en restauration, exigent plus de 100 000 €. En somme, plus l’investissement de départ est élevé, plus la pression pour atteindre rapidement la rentabilité augmente, et plus les premiers mois servent à rembourser l’emprunt plutôt qu’à rémunérer le dirigeant.
• Le secteur d’activité : chaque secteur impose ses propres marges et ses propres charges (voir plus bas).
• L’emplacement et la zone de chalandise : à enseigne identique, deux points de vente peuvent afficher des résultats très différents selon le trafic alentours, le prix du loyer et la concurrence directe.
• La capacité de gestion du franchisé : ici, il est question de maîtrise des coûts, de pilotage régulier des indicateurs, ou de qualité du management de l’équipe sur place.
• La notoriété et la solidité du réseau : un franchiseur qui accompagne activement ses franchisés (formation continue, animation, outils de gestion) contribue directement à la rentabilité de chaque point de vente.

A lire également : quels sont les 3 piliers de la franchise ?

Quels secteurs de la franchise rapportent le plus ?

En franchise, tous les secteurs n’offrent pas le même potentiel de rémunération. Ces écarts s’expliquent avant tout par une combinaison entre volume d’affaires, marge nette et niveau de charges. Voici quelques exemples :

• La restauration rapide : génère souvent un chiffre d’affaires élevé, mais impose aussi une masse salariale conséquente et une amplitude horaire importante, ce qui pèse directement sur la marge finalement disponible pour le dirigeant.
• Les services à la personne et le conseil : demandent souvent un investissement de départ plus modéré et peuvent offrir une marge plus stable, même avec un chiffre d’affaires inférieur.
• L’immobilier : dépend surtout du volume d’affaires réalisé et de la conjoncture locale, tandis que les concepts alimentaires spécialisés (boulangerie, pâtisserie) réussissent avant tout là où l’emplacement garantit un trafic suffisant.

À noter également :

Au-delà du choix du secteur, un même réseau peut afficher des résultats très disparates d’un franchisé à l’autre : les ratios communiqués par les franchiseurs restent des moyennes ou des objectifs. A vous de les confronter systématiquement aux performances réelles des points de vente existants avant de se projeter.

Ouvrir plusieurs franchises : une garantie d’améliorer sa rémunération ?

Un facteur permet de changer la donne bien du point de vue du salaire : l’ouverture d’un deuxième, voire d’un troisième point de vente sous la même enseigne.

En mutualisant une partie des coûts de structure (gestion, achats, parfois encadrement) sur plusieurs unités, un franchisé multi-sites peut significativement augmenter sa rémunération globale.

Il s’agit d’un des leviers les plus puissants pour dépasser le plafond que peut représenter l’exploitation d’un seul établissement… à condition, bien sûr, que le premier site soit suffisamment rentable et structuré pour financer cette expansion !

À lire également : Comment reprendre une franchise ?

Peut-on anticiper sa rémunération ?

Opter pour la franchise possède les mêmes aléas économiques que pour une création d’entreprise classique. En effet, même au sein d’enseignes reconnues, la variation du chiffre d’affaires génère une volatilité des revenus, en particulier au lancement de l’activité.

Légalement, le Document d’Information Précontractuel (DIP), imposé par la loi Doubin (article L.330-3 du Code de commerce), oblige le franchiseur à transmettre des informations réelles sur le réseau (historique, liste des membres, état du marché local) mais ne l’oblige à aucun moment à garantir un niveau de chiffre d’affaires ou de rémunération prévisionnels.

Autrement dit, aucun texte n’impose au franchiseur de s’engager sur ce que vous gagnerez : c’est donc à vous, avec l’appui d’un professionnel si besoin, de construire un prévisionnel réaliste plutôt que de vous fier aux moyennes générales du secteur ou aux projections optimistes du franchiseur.

Que regarde la banque derrière vos revenus prévisionnels de franchisé pour un financement ?

Au moment de financer votre franchise, la banque ne regarde pas la moyenne nationale des 35 325 € ; elle regarde votre capacité de remboursement calculée sur VOTRE prévisionnel, propre à votre point de vente, votre secteur et votre zone d’implantation.

Trois conséquences en découlent :

1. D’abord, le montant de l’apport personnel doit être calibré en tenant compte du fait qu’une rémunération confortable est rare dès la première année : un apport trop juste, calculé en pensant pouvoir se rémunérer immédiatement, fragilise le montage dès les premiers mois.
2. Ensuite, un différé de remboursement peut se négocier pour faire coïncider le début des échéances avec la montée en puissance réelle du point de vente plutôt qu’avec sa date d’ouverture.
3. Enfin, un prévisionnel construit avec méthode (qui s’appuie sur les ratios réels du réseau, reste prudent sur les estimations de chiffre d’affaires et de charges, et ne s’inspire pas de moyennes sectorielles génériques et/ou datées) reste votre meilleur argument pour rassurer un établissement bancaire sur votre projet.

Pour ces raisons, un courtier en prêt professionnel joue un rôle central aux côtés des futurs franchisés : il structure un dossier de financement crédible autour de réalités terrain plutôt que de moyennes, met en concurrence plusieurs banques, et défend le prévisionnel face aux établissements.

Pour aller plus loin sur ce volet, notre page dédiée au financement d’un projet de franchise détaille notre accompagnement.

Parlons ensemble de votre projet de financement en franchise !

Nous contacter →

FAQ – La rémunération du franchisé


Quel est le salaire moyen d’un franchisé en France ?
+
Le revenu annuel net moyen des franchisés s’élevait à 35 325 € selon la dernière grande enquête de référence de la Fédération Française de la Franchise. Ce chiffre global masque toutefois de fortes disparités, puisque près d’un tiers des franchisés perçoit moins de 20 000 € par an tandis qu’un quart dépasse les 40 000 €.


Combien de temps faut-il pour toucher un revenu confortable ?
+
Un franchisé touche rarement un revenu significatif dès sa première année d’exploitation, cette période étant dédiée au remboursement de l’investissement initial et à l’atteinte du seuil de rentabilité. L’équilibre est généralement atteint la deuxième année, et la rémunération devient régulière à partir de la troisième année d’activité.


Est-ce que le franchiseur garantit un niveau de rémunération ?
+
Non, aucun texte légal ni le Document d’Information Précontractuel (DIP) n’imposent au franchiseur de garantir un niveau de chiffre d’affaires ou de salaire. C’est au porteur de projet de bâtir un prévisionnel réaliste, adapté à son secteur et à sa zone d’implantation.


Que regarde la banque pour valider le financement d’une franchise ?
+
Pour accorder un prêt professionnel, la banque ne se base pas sur la moyenne nationale mais analyse la capacité de remboursement calculée sur le prévisionnel propre au point de vente. Un apport personnel suffisant et un plan de financement rigoureux sont indispensables pour sécuriser le dossier.
Maxime Roussel

ARTICLE RÉDIGÉ PAR

Maxime ROUSSEL, Directeur de mon Financement Pro

Chef d’entreprise et spécialiste du financement professionnel, Maxime Roussel accompagne depuis 2017 les entrepreneurs dans leurs projets de création, de reprise et de développement. Ses articles s’appuient sur une expérience de terrain, une bonne connaissance des attentes des banques et une approche concrète du financement professionnel.

 

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